Postes Canada : le syndicat a l’intention de déclencher une grève vendredi
Postes Canada a reçu des préavis du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP), indiquant que le STTP a l’intention de déclencher une grève le vendredi 23 mai à minuit. La société d'État soutient que « ses opérations se poursuivent comme d’habitude pour le moment », mais elle avertit la population que « des retards de service sont à prévoir ».
Dans un communiqué diffusé lundi en fin d'après-midi, Postes Canada précise avoir reçu des préavis de grève pour les unités de négociation urbaine et des FFRS (factrices et facteurs ruraux et suburbains).
L'entreprise, qui emploie 55 000 membres du STTP dont 23 000 facteurs, ajoute avoir l’intention de continuer à servir la clientèle dans les régions non touchées
par la grève.
Toutefois, en cas d’arrêt de travail à l’échelle nationale, les lettres et les colis ne seront pas livrés, et aucun nouvel article ne sera accepté jusqu’à la fin de l’arrêt de travail
, indique la société d'État.
On y mentionne également que « les chèques de prestations sociales pour le mois de mai seront livrés avant le début de possibles interruptions de travail » et qu'« un processus est en place pour veiller à ce que les livraisons d'animaux vivants se poursuivent ».
Postes Canada affirme que cette perturbation aggraverait la situation financière précaire de l'entreprise et que les deux parties devraient se concentrer sur la conclusion d'une entente.
C'est décevant. Cela ne fera qu'accroître l'inquiétude de nos employés, des petites entreprises, des organismes de bienfaisance et de tous ceux qui comptent sur Postes Canada.

Impasse dans les négociations
Malgré un retour au travail forcé en décembre dernier, les négociations entre Postes Canada et le Syndicat des travailleuses et travailleurs des postes demeurent dans l'impasse.
Des travailleurs de Postes Canada ont manifesté lundi matin au Complexe Desjardins, à Montréal, pour faire valoir leur mécontentement à l'égard du rapport du commissaire William Kaplan, qui recommande d’arrêter les livraisons quotidiennes à la porte.
On se mobilise pour montrer à la population qu'on veut garder notre système postal public, qu'on se bat pour de bonnes conditions de travail et pour l'expansion des services, qui est une manière [pour Postes Canada] d'avoir des revenus supplémentaires
, a expliqué Anny Lesage, négociatrice pour le Syndicat des travailleurs des postes de Montréal, à l'émission Midi info.
Dans un rapport déposé le 15 mai, la Commission d'enquête sur les relations de travail chez Postes Canada recommande l'élimination progressive de la livraison quotidienne du courrier à domicile aux adresses individuelles. Elle recommande également la levée des moratoires sur la fermeture des bureaux de poste ruraux et la conversion vers des boîtes postales communautaires.
Mais, selon le syndicat, la commission adopte la même position que la partie patronale et les mesures proposées mettraient en péril de nombreux emplois.
La Loi [sur la Société canadienne des postes] exige des livraisons tous les jours. On pense que la livraison doit être quotidienne et à la porte
, a affirmé Mme Lesage, qui ajoute que Postes Canada a refusé la proposition du syndicat quant à l'expansion des services afin d'engranger des revenus supplémentaires.
Pour sa part, Postes Canada affirme dans un communiqué que le « système postal doit changer pour être concurrentiel dans le marché de la livraison d'aujourd'hui, et qu'elle « demeure déterminée à conclure des conventions collectives axées sur la protection et l’amélioration des salaires et des avantages sociaux qui sont importants pour son personnel, tout en tenant compte des réalités actuelles ».
Depuis 2018, la société d'État cumule des pertes avant impôt de plus de 3 milliards de dollars
Le gouvernement fédéral a accordé en janvier un prêt d'un milliard de dollars à Postes Canada pour l'aider à poursuivre ses activités.
La balle dans le camp de l'employeur, dit le syndicat
Malgré tout, le syndicat espère une reprise des pourparlers dans les prochains jours.
Ça fait trois fois qu'on demande à Postes Canada de retourner à la table de négociations, et les trois fois, Postes Canada a quitté la table. Cette fois-ci, la troisième fois, ils ont mis en pause les négociations. On attend un retour de leur part
, a relaté la négociatrice pour le Syndicat des travailleurs des postes de Montréal.
Ce qu'on veut, c'est une convention négociée, pas imposée. [...] J'ai toujours espoir, mais c'est de plus en plus difficile.
Si le syndicat déclenche une grève vendredi, il s'agira de la deuxième en moins de six mois. L'année passée, les employés avaient débrayé pendant près d'un mois, du 15 novembre au 13 décembre, et ce, en pleine période des Fêtes.
Qu'est-ce qui va arriver le 22 mai, on ne le sait pas. Postes Canada peut aussi décider de mettre les employés en lock-out. Ils ont déjà menacé de couper dans nos conditions de travail la semaine dernière
, a souligné Mme Lesage.
De plus, le syndicat redoute un retour au travail forcé, tel qu'il avait été imposé lors du dernier débrayage. L'ancien ministre du Travail, Steven MacKinnon, avait imposé un retour au travail pendant cinq mois et nommé un commissaire pour faire le point.
Le ministre avait du même coup exigé la prolongation des conventions collectives existantes jusqu'au 22 mai 2025.
Avec les informations de La Presse canadienne
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